HISTOIRE
La vallée près de Rocamadour est habitée dès le Magdalénien, entre environ 15 000 et 8 000 avant J.-C., où Amadour écrira une page d'histoire plusieurs siècles plus tard.
Une légende identifie Amadour à Zachée, un disciple de Jésus. Dans un autre récit, il est l'époux de sainte Véronique, avec qui il arrive en France depuis la Terre Sainte. Véronique est la femme qui offre un linge à Jésus pour essuyer le sang et la sueur de son visage alors qu'il porte la croix sur le chemin de Jérusalem au Golgotha. Dans les deux récits, Amadour doit vivre au 1er siècle. Les recherches montrent qu'il vit comme un ermite aux 2e ou 3e siècles, près des rochers de l'actuel Rocamadour. Il a une grande dévotion pour Notre-Dame.
Au début du XIe siècle, il existe déjà une église dans le village de Rocamadour. La première mention du culte de Marie date de 1105. Cela ressort d'un document de Pascal II, pape de 1099 à 1118, né Ranieri di Bieda (1055-1118), adressé à l'abbé de Saint-Martin de Tulle. Il y est indiqué que le important lieu de pèlerinage de Rocamadour a été acquis par l'abbaye de Tulle. De 1105 à 1802, Rocamadour appartient au diocèse de Tulle.
En 1112, on signale le premier grand pèlerinage. De 1152 à 1188, Géraud d’Escorailles (+1188) fut abbé des moines de Saint-Martin de Tulle et sous sa direction, les pèlerinages à Rocamadour connurent une impulsion considérable. Il prit l'initiative de consigner les miracles dans “ Le Livre des Miracles ”. À partir de 1172, plus de 100 événements inexplicables sont attestés par l'intercession de Marie. Rocamadour était alors l'un des plus importants lieux de pèlerinage d'Europe.
En 1166, un habitant de l'endroit exprime ses dernières volontés. Il souhaite être enterré à l'entrée de la chapelle. Ce dernier vœu est respecté et, lors de son exécution, le corps d'Amadour est découvert au pied du rocher. Le corps est découvert par Robert de Thorigny/Torigni (1106-1186), moine bénédictin en 1128 et plus tard prêtre du Mont Saint-Michel (1154-1186). Le corps est entièrement intact et ce, après de nombreux siècles. Ensuite, son inhumation a lieu dans l'église, près de l'autel. La découverte du corps d'Amadour donne également une grande notoriété au lieu de pèlerinage.
La bataille de Las Navas de Tolosa (aujourd'hui Santa Elena), près de Jaén en Espagne, a lieu le 16 juin 1212. C'est la bataille décisive de la Reconquista pour expulser les musulmans almohades. Parmi les combattants catholiques se trouvent des chevaliers français dirigés par Simon de Montfort (1188-1218), qui sont d'abord allés à Rocamadour pour se préparer au combat. Ils portent l'étendard de la Sainte Vierge de Rocamadour et cela leur assure la victoire sur les musulmans, largement supérieurs en nombre.
En 1317, un chapitre de chanoines remplace les bénédictins à Rocamadour. C'est surtout à cette époque que Rocamadour acquiert une grande notoriété. C'est également le point de départ d'un pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne.
Le 25 août 1270, Louis IX (1214-1270), roi de France (1226-1270), est assassiné. Il est en route pour sa deuxième croisade et meurt à Carthage, en Afrique. À Rocamadour, une plaque commémorative (1270-1970) a été érigée à la mémoire de Saint Louis, canonisé en 1297. Ceci est fait par Boniface VIII, pape entre 1294-1303, né Benedetto Caetani (1235-1303). Louis IX est appelé le Saint. Il se rend en pèlerinage à Rocamadour les 1er et 2 mai 1244 avec sa mère Blanche de Castille (1188-1252) et ses deux frères. Il s'agit de Robert (1216-1250, le futur comte d'Artois), Alphonse (1220-1271), plus tard comte de Poitiers et de Toulouse, et Charles (1227-1285), qui deviendra plus tard comte d'Anjou et roi de Naples et de Sicile.

Aux XIIe, XIIIe, XIVe et XVe siècles, de nombreux nobles et hauts dignitaires ecclésiastiques visitent Rocamadour. Le sanctuaire est alors l'un des grands lieux de chrétienté. Le site marial connaît alors une période faste et accueille de nombreuses personnalités de haut rang, telles que :
-en 778 : Roland/Roeland/Roelant/Orlando (±736-778), comte/chevalier de la Marche de Bretagne et neveu de Charlemagne (±745-814)
- en 1147 : Bernard de Clairvaux (1090-1153), promoteur de la Deuxième Croisade (1147-1149) et grand dévot de Marie
-en 1170 : Philippe d'Alsace (1142-1191), comte de Valois (1167-1185) et comte de Flandre (1168-1191)
– en 1170 : Marie de France (v. 1145-1198), comtesse de Champagne (1164-1181), fille de Louis VII le Jeune (1120-1180), roi de France (1137-1180)
- en 1159 et 1170 : Henri II dit « Plantagenêt » (1133-1189), roi d'Angleterre (1154-1189), et par ailleurs duc de Normandie (1150-1189) et comte d'Anjou (1151-1189), vient deux fois à Rocamadour
-en 1212 : Simon de Montfort (1188-1218), participant à la Quatrième Croisade (1202-1204), chef de la croisade contre les Albigeois (1209), comte de Toulouse (1214-1218) et comte de Rouergue (1214-1218)
– en 1216 : Engelbert (1185-1225), évêque de Cologne (1216-1225), comte de Berg/Burg (1218-1225), a été canonisé par la suite (saint Engelbert)
– en 1219 : Dominicus Guzmán de Caleruega (1170-1221), fondateur de l'Ordre des Frères prêcheurs, plus tard saint Dominique)
– en 1226 : Antonius van Padua (1195-1231), plus tard saint Antoine
– en 1244 : Blanche de Castille (1188-1252), épouse de Louis VIII (1187-1226), roi de France (“ le Lion ”) avec trois enfants, voir la pierre commémorative avec son explication.
-en 1304 : Philippe IV le Bel (1268-1314), roi de France (1285-1314).
-en 1320 : Jean XXII, pape d'Avignon (1316-1334), né à Cahors sous le nom de Jacques Duèze (1249-1334).
-en 1324 : Charles IV le Bel (1294-1328), roi de France et de Navarre (1322-1328). Marie de Luxembourg (1304-1324), reine de France et de Navarre (1323-1324).
-en 1335 : Philippe VI de Valois (1293-1350), comte d'Anjou (1325-1350) et roi de France (1328-1350). Jeanne de Bourgogne (1293-1349), reine de France (1328-1349).
-en 1463 : Louis XI/Lodewijk XI (1423-1483), roi de France (1461-1483).
En 1369, des troupes anglaises occupent Rocamadour. Cela se produit pendant la guerre de Cent Ans (1337-1453) entre la maison de Valois et celle des Plantagenêts (maison d'Anjou) pour la couronne de France.
En 1429, Charles le Victorieux (1403-1461) a une apparition de Marie lui annonçant de chasser les Anglais, qui occupent depuis des années des parties de la France, y compris Rocamadour. Jeanne d’Arc (1412-1431), la héroïne française, le persuade de se faire couronner roi. Il l'écoute et Charles VII devient roi de France (1422-1461). Plus tard, il ne fera aucun effort pour sauver Jeanne d’Arc du bûcher.
En 1562, les protestants pillent le sanctuaire et ces huguenots y mettent ensuite le feu. Les envahisseurs détruisent le corps du saint Amadour, puis le brûlent. Ils détruisent aussi les archives de la ville, ce qui fait que de nombreuses informations sur le passé sont perdues à jamais.
Pendant la Révolution française (1789-1799), le sanctuaire tombe en décadence. En 1856, Jean-Jacques David Bardou (1798-1863), évêque de Cahors (1842-1863), fournit les fonds nécessaires à la restauration du sanctuaire. Il organise une loterie nationale pour réaliser les travaux. Plus tard, le responsable des travaux de restauration est Pierre-Alfred Grimardias (1813-1896), évêque de Cahors (1866-1896). Jean-Baptiste Chevalt/Cheval (1818-1876), prêtre du diocèse de Cahors, dirige les travaux de 1858 à 1872. Armand-Benjamin Caillau (1794-1850), prêtre et écrivain parisien, encourage également l'essor de Rocamadour. Il obtient une guérison par l'intercession de Notre-Dame et promet de promouvoir le pèlerinage. En 1834, il publie également un livre sur Rocamadour intitulé “ Roc-Amadour ”.
Après cette période faste, de nombreuses personnes continuent de se rendre au lieu de pèlerinage, comme en 1991 Sœur Emmanuelle (1931-2008), née à Bruxelles sous le nom de Marie-Madeleine Cinquin (1908-2008). Membre de la Congrégation de Notre-Dame de Sion à Jérusalem, elle y enseigne la philosophie et la littérature. En 1971, elle prend sa retraite d'enseignante et s'installe au Caire pour lutter contre la pauvreté.
Après Lourdes, Rocamadour est le lieu de pèlerinage le plus visité de France.
lieu de pèlerinage
Le sanctuaire de Rocamadour est formé de bâtiments médiévaux, construits dans et contre une falaise escarpée d'environ 150 mètres de haut.
À Rocamadour, sept chapelles/églises ont été construites :
Basilique du Très-Saint-Sauveur
2. Chapelle Saint-Amadour
3. Chapelle Saint-Jean
4. chapelle de Saint-Blaise
5. Chapelle Sainte-Anne
6. chapelle Saint-Michel
7. chapelle de Notre-Dame
La chapelle de Saint-Amadour se trouve sous la basilique et est considérée comme une crypte. C'est la chapelle la plus basse du sanctuaire.
La chapelle Notre-Dame constitue le cœur du sanctuaire. En 1479, elle fut détruite par la chute d’un rocher. L’initiative de sa reconstruction revient à Denys/Denis de Bar (+1517), évêque de Tulle (1471-1495). Les dimensions du bâtiment actuel sont les suivantes : longueur ± 13 m, largeur ± 9 m et hauteur ± 8 m. L'autel date de 1889 et abrite l'effigie de la Vierge Noire. La statue date du XIIe siècle et était autrefois recouverte d'une fine couche d'argent. La statue miraculeuse est en bois. Sa couleur noire est due à l'oxydation de la couche d'argent et à l'action de la fumée des nombreux cierges. Marie est représentée en position assise. Elle porte une robe ajustée, dont le col et les poignets sont bordés d'or. Marie tient le petit Jésus sur son genou droit. Tous deux sont couronnés.
À Rocamadour se trouve un palais épiscopal où aucun évêque n'a jamais résidé. En 1930, il a été transformé en un musée d'art sacré. Ce musée porte également le nom de Musée Francis Poulenc. Francis Jean Marcel Poulenc (1899-1963), compositeur d'œuvres variées, fortement axées sur la mélodie, a visité Rocamadour. En 1936, il y vient peu après la mort accidentelle d'un bon ami. Cela lui fait prendre conscience de la fragilité de l'existence. À Rocamadour, il retrouve la foi de son enfance. Son séjour l'inspire ensuite à composer des œuvres religieuses.
Le chemin de croix commence à la porte Saint-Martial et monte le long de la paroi rocheuse jusqu'au château, construit sur le rocher. Les remparts datent du XIVe siècle et les bâtiments actuels sont plus récents.
ACCESSIBILITÉ
Rocamadour se trouve dans la région Occitanie et appartient au département du Lot.
Adresse : Communauté des Sœurs de Notre-Dame, Rue de la Mercerie, 46500 Rocamadour.
Pour plus d'informations, veuillez consulter :
-www.notre-dame-du-calvaire.fr
-www.mairierocamadour.fr
Expérience
En approchant de Rocamadour, une impressionnante paroi rocheuse me frappe de loin. Par la Porte du Figuier, j'entre dans la petite ville.
Lorsque je m'approche du sanctuaire, le chemin monte. De nombreuses marches attendent mes chaussures. Après 140 marches, j'arrive sur la Place des Senhals et ensuite 76 marches plus loin pour arriver sur le parvis des chapelles. Ce qui fait un total de 216 marches si j'ai bien compté. De nombreux pèlerins ont parcouru le long escalier de pierre à genoux. J'ai passé mon tour.
Dans la chapelle de Notre-Dame, située à côté de la basilique, se trouve l'effigie de la Vierge Noire. Debout devant l'image, je me demande combien de visiteurs y sont passés. Une prière s'ensuit dans cet espace particulier, un peu sombre.
Alors, il faut visiter les autres chapelles et mes pensées se tournent vers l'histoire de Rocamadour. On y a non seulement prié beaucoup, mais aussi livré bien des batailles. Dommage que les fervents partisans des religions s'entendent si mal.
Je reprends les nombreux escaliers, mais cette fois en descendant. J'arrive à quelques petites boutiques et j'achète quelques souvenirs pour des amis.
ENVIRONNEMENT
Rocamadour se trouve à 142 km au sud de Limoges et à 164 km au nord de Toulouse.
Pour aller à Montauban, il faut parcourir 112 km vers le sud. Cahors se trouve à 62 km au sud-ouest de Rocamadour. Pour aller à Souillac, il faut parcourir 22 km en direction du nord. Gramat est à 10 km vers l'est et pour visiter Figeac, il faut parcourir 45 km en direction du sud-est.
~~~













